Après deux saisons au Théâtre d’État de Constanța — un Feydeau, et Terrorisme des frères Presniakov mis en scène par Felix Alexa — elle est engagée par Ion Caramitru au Théâtre National « I.L. Caragiale » de Bucarest, dont elle fait partie de la troupe depuis.
Ses débuts, en 2009, ce sont Ann Deever dans Ils étaient tous mes fils d’Arthur Miller, mise en scène de Caramitru, face à Victor Rebengiuc et Sanda Toma. La même année, à Târgoviște, elle aborde Blanche DuBois dans Un tramway nommé Désir — les deux pôles de son registre, la réaliste américaine blessée et la femme qui ne peut cesser de jouer sa propre vie, posés en une seule saison.
La suite se lit comme un refus délibéré de se répéter : Christine dans Le Dîner de cons de Veber, aux côtés d’Horațiu Mălăele et de Medeea Marinescu ; Helge dans La Visite de la vieille dame de Dürrenmatt, mise en scène d’Alexander Morfov, avec Maia Morgenstern ; Cocuța Micșoreanu dans Allegro, ma non troppo de Minulescu ; Lily dans Loose Knit de Theresa Rebeck ; Lady Capulet dans le Roméo et Juliette de Yuri Kordonsky ; Calipsița dans la Kiritza dansée de Gigi Căciuleanu ; et Elvira dans les Craii de Curtea-Veche de Dragoș Galgoțiu d’après Mateiu Caragiale — un rôle de plumes, de ruine et de décadence phosphorescente, devenu l’une de ses signatures.
Plus récemment, elle est la Mère dans deux pièces écrites et mises en scène par Gavril Pătru — Moroi și păpădii (2025) et Ceasu’ și cămașa miresii (2026) — retour à la voix roumaine rurale, nue, d’où sort une grande part du théâtre de ce pays.